Intégrer l’équicoaching dans l’enseignement classique de l’équitation : la clé de la réussite ? Enseignement
16 mars 2020
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Enseigner l’équitation classique requière 2 conditions : avoir une technique à cheval reconnue (galop 7) et un minimum de pédagogie pour pouvoir gérer tout type de public (enfants à partir de 4 ans jusqu’à l’adulte de plus de 70 ans). Une fois l’examen réussi, toute personne avec un peu de bon sens peut se déclarer moniteur d’équitation.

C’est d’ailleurs ce que j’ai fais il y a quelques années….

Force est de constater que dans les centres équestres ou écuries de propriétaires l’enseignement et le coaching en concours sont un passage obligé pour les cavaliers pour progresser à cheval et valider leurs galops.

Oui, mais parfois à quel prix ? Celui de la peur ou de la frustration ? C’est malheureusement souvent le cas : des enfants qui n’ont pas envie de venir monter à poney car leur petit copain est tombé du même poney la semaine passée, des parents qui ne prennent pas en compte les frustrations de leurs enfants quand ceux-ci leurs dise qu’ils ont peur d’y aller car aujourd’hui c’est séance d’obstacle ? Des adultes qui eux se raisonnent et vont aux cours parce « qu’il faut le faire » mais qui redoute un cheval qui marche un peu trop vite (oh la la il bouge ! oui c’est normal il marche !, il y a du vent je ne le sens pas trop là, je préfère descendre… ) les exemples sont infinis ……

Quand on connait la capacité d’un cheval ou d’un poney a capter le stress de son cavalier, on imagine vite les résultats que l’on obtient et surtout tous les problèmes psychiques que cela engendre.

L’equicoaching dont la définition la plus simple est d’utiliser la relation homme-cheval (et les capacités exceptionnelles du cheval pour analyser et comprendre son environnement) afin de la transposer dans un environnement professionnel ou personnel. Confiance en soi, patience, stress, énervement : le cheval adoptera un comportement différent selon son ressenti, qui, intervient alors comme un vrai miroir, indispensable pour prendre conscience de ses forces et faiblesses), est, à mon sens le remède pour une enseignement meilleur basé sur la confiance que l’élève doit avoir en lui et en l’animal.

L’equicoaching se développe beaucoup dans le secteur de l’entreprise ( le cheval miroir des émotions permet aux chefs d’entreprises de travailler sur leurs émotions et leurs capacités managériales) mais aussi dans le secteur personnel et privé ( séances d’équicoaching individuelles permettant de mieux gérer son stress, ses émotions, ses frustrations) et connait un grand succès de par son intégrité et le fait que le cheval ne ment pas : les résultats sont donc immédiats et sans discussion possible.

Alors pourquoi ne pas mettre au service du cavalier de club ou amateur les bienfaits de ces pratiques pour aider à gérer toutes les émotions négatives bien présentes chez la plupart des cavaliers ?

La peur physique (mais aussi émotionnelle) engendre de l’anxiété et de la panique, la peur de mal faire engendre de la frustration, de l’inefficacité et peut conduire jusqu’à la colère, la colère peut engendrer la honte et la déception ; la déception, le désespoir et le découragement, le cercle vicieux est en place.

Face à cela, il y a les enseignants qui eux ont l’envie de faire progresser leurs cavaliers sans prendre en compte la partie émotionnelle et souvent inconsciente de l’individu.

Obligation de résultats et non pas de moyens.

Rares sont les élèves qui avouent leurs peurs, en général ils se contentent de l’exprimer par d’autres signes « j’ai mal à la jambe, je ne me sens pas très bien, je n’ai plus de souffle est ce que je peux faire une pause ? » mais aussi des élèves qui restent dans leur coin quand les cours sont collectifs en priant pour que le moniteur ne fasse pas trop attention à eux ou qui s’effondrent en larme allant parfois jusque la crise d’angoisse.

Il en est de même en concours : on a tous envie d’y aller, de se surpasser, de faire un sans- faute, de gagner, d’être satisfait de son cheval en se disant qu’on a fait du bon boulot à la maison avec son coach ou moniteur. Même quand le résultat est là, se pose t-on la question, nous moniteurs de savoir par quelles émotions de stress nos cavaliers passent parfois une semaine avant l’épreuve ? Car bien souvent ils prennent sur eux pour masquer cette peur, cette boule au ventre qui est bien présente !

En réponse à ces situations négatives, les enseignants n’ont malheureusement quasi jamais de solutions que de poussez encore plus leurs élèves dans leurs peurs et dans leurs frustrations en leur ordonnant de recommencer encore et encore en répétant les mêmes situations d’échec, en les mettant en situation de faiblesse par rapport aux autres (tu vois bien lui il y arrive alors pourquoi pas toi ?), allant même parfois jusqu’à en dégouter les cavaliers.

Rappelons quand même que la pratique du cheval et des concours au niveau club ou amateur est un loisir et doit le rester !

 

L'auteur

Equi coaching - teambuilding - cours particuliers et collectifs - marketing et communication pour les centres équestres - équithérapie

dans le département des Yvelines et en région parisienne