LA PROGRESSION DANS LE TRAVAIL AU GALOP Structure équestre
26 sept. 2019
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Le galop est souvent considéré comme le moment de détente pour le cheval ou le cavalier. Mais il en est autrement lorsque l’on recherche à travailler réellement son cheval dans cette allure. Le galop permet au cheval de se muscler, de se mettre en souffle et de s’équilibrer.

Afin de respecter les règles de l’échelle progression : correction de l’allure, propulsion et rassemblé, le travail au galop doit respecter un ordre de progression qui se traduit par la règle des 3 R :

Le Renforcement du galop, le Redressement et enfin le Ralentissement.

Le Renforcement

Le renforcement du galop consiste à obtenir son raffermissement. C’est à dire le maintien de l’allure à vitesse régulière en ligne droite et sur les cercles de 20 m. Le galop de base correspond au galop de travail en respectant la cadence de votre cheval et en le maintenant dans un rythme le plus régulier possible. L’exercice consiste à enchainer cercle de 20 m, marcher droit quelques foulées, puis à nouveau cercle et ceci plusieurs fois. L’objectif étant de ne pas ralentir sur le cercle et ne pas accélérer en ligne droite. Puis l’on peut resserrer le cercle jusqu’à 15 mètres et rechercher le même résultat.

Lorsque vous obtenez un galop régulier sur les courbes serrées le travail au contre galop est envisageable sur les courbes très larges (ligne courbe passant par la ligne du quart puis passant par X, et enfin le travail sur le huit de chiffre pour alterner galop à juste et contre galop)

Le renforcement peut aussi s’obtenir lors de séquences de galop de 3 à 10 minutes lors des sorties en extérieure, ce qui permettra à votre cheval de décompresser tout en respectant la régularité du galop de travail.

Autre travail de renforcement du galop : effectuer des transitions intra allure c’est-à-dire en passant à volonté du galop de travail au galop moyen en ligne droite et en ligne courbe. L’exercice consiste à augmenter l’amplitude sur 5 foulée et la diminuer sur 5 foulées à nouveau et ainsi de suite.

A ce stade votre cheval est capable de maintenir un galop souple et régulier lors des changements de direction et de variation d’amplitude.

Le Redressement

Une fois obtenues la régularité et la stabilité vient le temps du redressement. Le cheval en liberté au galop conserve les hanches à l’intérieur et le bout du nez à l’extérieur.

La recherche du redressement du galop va permettre au cheval de se muscler symétriquement en réalignant les épaules et les hanches de façon à pouvoir mieux se porter et mieux porter le cavalier. Le redressement du galop est un améliorateur de l’équilibre.

En réalignant les épaules devant les hanches vous allez pouvoir optimiser la poussée symétrique des 2 postérieurs (engagement du postérieur interne mais aussi de l’externe) et ainsi permettre l’abaissement des hanches.

Pour obtenir ce résultat le travail d’épaule en avant au galop est primordial. Alternez cercle de 15m et ligne droite en conservant l’incurvation du cercle et en plaçant l’épaule intérieure en légère piste en dedans lorsque vous marchez droit.

Puis épaule en avant sur le cercle de 20m, changement de main en conservant une épaule en avant sur la diagonale, grand demi-cercle au contre galop toujours en épaule en avant puis revenir à juste et renouveler l’opération. D’autres exercices peuvent venir compléter ce travail , ils feront l’objet d’un prochain article.

Le Ralentissement

Le ralentissement est le travail du rassemblé au galop. Il vise à obtenir le cheval le plus équilibré et le plus fléchi dans ses hanches.

Pour l’obtenir, il est nécessaire d’effectuer le travail de transition du galop de travail vers le galop rassemblé. Afin de l’optimiser ne pas rester longtemps dans le ralentissement, quelques foulées suffisent au début mais recommencé souvent. Cet exercice de transition peut se faire en alternant cercle de 15 m cercle de 10m, ce qui va obliger le cheval à se ralentir. Puis rechercher les mêmes transitions en ligne droite en concevant une épaule en avant.

 

Bon nombre d’exercices cherche à améliorer le galop, le plus important est de respecter une suite logique dans les exercices demandés. Il faut être conscient que ce travail au galop demande des efforts musculaires au cheval, on se doit donc d’être progressif dans ce travail. Le cheval doit acquérir de nouvelles habiletés motrices au cour des séances, il est normal qu’il commette des erreurs dans cet apprentissage. Le rôle du cavalier (et du coach) est de permettre au cheval d’apprendre à maitriser les variations d’équilibre qu’il lui demande sans entrainer de dégradation dans sa locomotion et sans le mettre en situation d’échec. Il faut être patient pour laisser le temps à la musculature du cheval de se développer.

 

 

 

L'auteur

Tous deux instructeurs d’équitation. Après des carrières en parallèle l’un dans la garde républicaine, l’autre dans les sports équestres militaires. Nous avons décidé de travailler ensemble et de reprendre les écuries de la Taulette à Lassigny. Profitant d’avoir tous les deux une discipline de prédilection, concours complet pour Rodolphe et dressage pour moi, nous offrons à nos cavaliers la possibilité de se perfectionner quel que soit leur préférence équestre.